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Tout ce que l’on fait est sur fond de silence

artiste en résidence Leila Sadel

23.11. - 17.12.2010

 
 
 
 
 
 

La lecture et le parcours, le délai et l’assemblage, la parole et la posture, me donnent le sentiment que le travail de Leila Sadel est une itérationde gestes, de regards et de mots. S’ils ne s’entrechoquent pas à leurs surgissements, ils glissent les uns avec les autres, et furètent comme des particules élémentaires qu’elle capture à l’aide d’un filet à papillons afin d’en faire sens et images. Épinglés aux murs, des instants dialoguent entre eux : choses quotidiennes, rencontres fortuites, mots ajustant nos perceptions, ce que j’en comprends, ce qui nous regarde. Au tranchant des mots de Sei Shonagon, telles les notes du Koto qui s’égrainent, répondent les images proches d’une déréliction des rues de Rabat, et le pas mal assuré du personnage d’Entre temps, j’étais ailleurs à la voix mélancolique d’Abdel Halim Hafez. On s’imagine aisément à tour de rôle chasseur et papillon, à la fois capteur des intentions narratives et/ou élément adéquat à la poursuite de l’histoire qui se propage sous nos yeux. À pas feutrés le silence sert de trame au drame, car il est question d’un intime lien ténu, sensible et prêt à se rompre. Nous sommes sur le fil qu’a tendu Leila Sadel, si tout ce qu’elle fait est sur fond de silence, tout ce qu’elle montre est bruissement, battements d’ailes, où le nombre et l’énumération tiennent lieu de respiration. On perçoit, venant d’une arrière salle, le son des ciseaux qui découpent inlassablement
entre les lignes les mots connus et inconnus de cette langue arabe qu’elle réapprivoise par ces gestes méticuleux.
Leila Sadel nous renvoie à notre présence perturbatrice et féconde à la fois. Le vol du papillon, saccadé, furtif, imprévisible, coloré, autorise son chasseur à de subtils actes pour une capture hasardeuse, mais qui se doit délicate afin d’en préserver toute les nuances. Leila Sadel nous propose une promenade où Tout ce que l’on fait est sur fond de silence.

  1. Franz Kreysler


Née le 14 août 1985 à Casablanca
Diplômée de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux
Actuellement vit et travaille à Bordeaux

 

 

Maintenant / Toujours

artiste en residence Jutta Strohmaier

24.09. - 29.10.2010

Maintenant/ Toujours, installation video et son
Maintenant/ Toujours, installation video et son
vernissage, Maintenant/ Toujours
vernissage, Maintenant/ Toujours
Jutta Strohmaier avec l'Ambassadeur d'Autriche
Jutta Strohmaier avec l'Ambassadeur d'Autriche
 

L’installation audio-visuelle Maintenant/Toujours de l’artiste autrichien Jutta Strohmaier est une invitation à un voyage suggestif, le long d’une route bordée d’arbres. Pourtant ce paysage doit être regardé comme une esquisse. L’artiste s’est limitée à capter le jeu des lumières et ombres sur son chemin. La luminosité changeante dévoile un espace rythmique conçu d’un filet d’ombres.
Dans cette œuvre, l’artiste est en quête de la qualité d’un instant. Elle tente d’inventer une esthétique du mouvement et du changement en transformant et superposant des paramètres spatiaux et chronologiques, à la recherche d’un lieu de mémoire.

 

 

Mémoire 2

Jamila Lamrani

15.06. - 16.07.2010

 
 
 
 
 

L’installation « Mémoire » fait partie du projet  « Architecture /Sculpture »: Ce projet  à trois compositions, est basé  sur l’idée d’architecturer le vide réservé à l’intervention. On découle une installation faite de petits cubes en tissu transparent noir qui sont suspendus dans l’espace grâce à un dispositif installatif, permettant ainsi de créer un espace dans l’espace, de monter une structure, de tracer des limites et de définir un territoire d’action.
Avec «Mémoire 2», les cubes suspendus à l’intérieur  de la composition créent un jeu de vide et de plein entre le plafond et le sol.
Contrairement à «Mémoire 1», le spectateur n’est pas invité à s’infiltrer dans l’œuvre.  Seule une ouverture lui permettra de découvrir cette Architecture /Œuvre jouant avec les ombres et offrant une atmosphère bien singulière.
« Mémoire 1 » a été exposé à la Casa Arabe de Madrid, « Mémoire 2 » est actuellement au Cube, à Rabat, et « Mémoire 3 » viendra comme suite dans le futur.

 

Paperasserie / Paperwork

Artiste en residence Eric Saline

11.04. - 11.05.2010

 
 
 
 

Les motifs à répétition, le mouvement et l’espace – Eric Saline fabrique son propre papier à partir de matières recyclables et utilise la gravure sur bois, la sérigraphie, la peinture et d’autres techniques pour orner ses papiers. On découvre un univers intimiste dans ses collages et ses installations dans lesquelles l’artiste américain explore sa matière de prédilection – le papier. Il nous donne alors à voir des univers, des atmosphères, des variations d’ombres et de couleurs en faisant référence à l’architecture. Ces installations ne sont jamais finies, il les transforme sans cesse pour les adapter aux lieux de sa future exposition itinérante.

Avec l’exposition, Eric Saline présente des installations de papier et des œuvres murales inspirées par le Maroc. Le visiteur est captivé par la couleur, le rythme, les motifs et la superposition d’ombre et de lumière. Eric s’est inspiré par des motifs à répétition, des tuiles mauresques et des tapis tressés en fils de plastique multicolores vendu à la Médina. Autres sources d’inspiration: les formes structurées des clôtures à la campagne, la densité des forêts d’eucalyptus, les vibrations optiques des mosaïques en zellige de toutes les couleurs de la Mosquée Hassan II à Casablanca.

Eric Saline est un citoyen du monde. Depuis l’obtention de son Bachelor au Colorado Collage, Etats Unis, puis son Master of Fine Art dans l’art 2D au Massachusetts College of Art en 2005 , ce baroudeur est à la recherche de nouvelles couleurs et lumières pour ses oeuvres d’estampe et de façonnage de papier. Eric Saline vit actuellement à Gothenburg, en Suède, où il enseigne l’Art à la Valand School of Fine Art et à l’école internationale de la ville. Depuis septembre 2009 il est aussi professeur invité à l’Ecole des Beaux Arts de Tétouan et bénéficiaire de la renommée bourse Fulbright.

http://ericsaline.com/

 

Le deuxième visage 

artiste en résidence Ulrike Weiss

09.03. - 26.03.2010

 

Des portraits de femmes répétés à l'infini, ordonnés à l'horizontale et à la verticale, collés bord à bord. La ressemblance physionomique est renforcée aussi bien par les visages inexpressifs et la répétition de motifs spécifiques que par la coloration monochrome des feuilles. Par dessus, un tapis d'images composé d'un mélange de motifs ornementaux et floraux, de visages humains. Un dessin mordant sur les bords du collage photographique qui part cache partiellement les visages, détruit, reprend en même temps le motif du portrait en tant que tel et le continue, comme s'il voulait préserver les images de la disparition. Finitude, évanescence, unicité - le portrait : symbole de ces catégories. Et pourtant il semble s'en défaire ici et maintenant, entonnant un canon dont la mélodie retentit toujours et toujours.

Silke Bitzer

 
FE