L’artiste visuelle Julie Chovin, en résidence au Cube, développe son projet personnel Kodieet Soltane, en partenariat avec l’Institut Français du Maroc et l’Institut Français de Meknes.
Inspiré par les souvenirs familiaux, ce projet se présente comme une quête qui navigue entre la recherche d’un territoire et d’un idéal perdu, tout en explorant les relations complexes entre structures géopolitiques et histoires individuelles. Le projet interroge l’impact réciproque de ces deux dimensions.
Lorsque la famille de Julie Chovin a acquis ses terres, elle avait conscience de leur nature temporaire et précaire. Ces parcelles, issues des terres coloniales marocaines, avaient été transformées et aménagées selon les modèles agricoles capitalistes de l’époque. Pourtant, les origines de ces terres — prélevées aux tribus locales et aux terres communautaires — restent en grande partie obscures. Leur présence en Afrique du Nord a contribué à l’expansion économique et géopolitique de l’Europe, et particulièrement de la France, mais souvent au détriment des droits et libertés d’autrui.
Le projet ne vise pas à proposer un récit historique unique. Il ambitionne de croiser des perspectives à travers la collaboration avec d’autres artistes, des chercheurs de divers domaines, et des entités non humaines. L’objectif principal réside moins dans l’analyse historique que dans la transmission sensible et émotionnelle de récits familiaux complexes.
Julie Chovin



